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Le prolétariat universel #adessonews

 

UNE GUERRE D’INVASION NON RECIPROQUE

 

« Aucune nouvelle à ce sujet ne devra filtrer à l’extérieur ; la presse spécialement ne doit pas être informée. C’est donc pour cette raison que nous examinons cette question ici, en séance à huis clos du Congrès. Il y a des limites à tout. Nous ne devons pas fournir des munitions à l’ennemi ; nous ne devons pas laver notre linge sale sous ses yeux. » Nikita Khrouchtchev

« A aucun moment de notre action les travailleurs n’ont montré qu’ils auraient la moindre volonté de jouer le rôle historique que nous attendions d’eux. L’arbre prolétarien rejetait en fin de compte la greffe révolutionnaire ». David Korner dit Barta (fondateur de Lutte Ouvrière)

Toujours rien de la part de la classe ouvrière en Russie ! A désespérer du prolétariat… Comment peut-il tolérer, laisser faire les destructions inouïes en Ukraine, l’assassinat massif des populations civiles ? Peut-on croire à un black-out massif au point que la « privatisation » de l’aliénation politique rende insensible voire indifférente la population russe dans son ensemble ? Les travailleurs russes ne sont-ils donc plus des prolétaires mais devenus de simples sujets de l’Etat, autrement dit toutes les caractéristiques des esclaves ? Et si l’armée française envahissait la Belgique pour massacrer des civils prétendus nazis et détruire toute son industrie, la population et le prolétariat resteraient-ils aussi passifs ici, apparemment aussi amorphes ou… terrorisés que les russes ? Une troisième guerre mondiale n’est-elle pas possible en définitive avec un prolétariat mondial aussi muselé ou incapable de remettre en cause la barbarie capitaliste ?

Avant de tenter de répondre à toutes ces questions qui nous taraudent, je vais vous informer d’une étonnante démarche de la CGT, organisme traître à la classe ouvrière depuis 1914, comme vous le savez. Cet organisme para-gouvernemental fait preuve d’un étonnant culot (amnésique), tout en posant douze questions aussi subtiles qu’appropriées ; je ne vais pas toutes les citer, vous pouvez les consulter : https://www.cgt.fr/actualites/international/paix-en-ukraine-liberte-en-russie-1

Après un intro presque révolutionnaire autant qu’amnésique et pacifiste :

« Notre pacifisme, celui qui plonge ses racines dans la conférence de Zimmerwald en 1915, réactualisé par le refus du « campisme », revient à rejeter ce jeu des alliances qui entraînent les peuples dans les conflits mondiaux au profit des bourgeoisies ou des aristocraties qui les gouvernent. Mais notre pacifisme sait faire la différence en fonction de la nature des dangers d’escalade encourus et des impératifs liés à la résistance des peuples pour défendre leur droit à l’auto-détermination. De la Commune de Paris à la guerre du Vietnam en passant par la guerre d’Espagne ou la résistance, notre histoire est aussi celle d’un soutien aux peuples en lutte pour la défense de leurs droits et libertés face à l’oppression ou à l’agression. Pour rendre le propos de cette note aux organisations plus vivant et intelligible sur une situation complexe et en évolution constante, le choix fait est celui d’une série de douze questions auxquelles elle apporte des réponses aussi claires et précises que possibles ».

Prenons seulement la onzième question :

« Onzième question : Comment la CGT peut-elle agir ?

« Si les sanctions sont nécessaires, elles peuvent donc produire des contre-effets et ne seront sans doute pas totalement efficaces. Le principal espoir réside donc dans la résistance de la population ukrainienne et dans l’aspiration au changement des peuples de Russie et du Belarus, appuyés par de larges mobilisations en Europe et dans le monde. D’où l’urgence et la nécessité d’un soutien au peuple ukrainien et à la paix dans les manifestations organisées partout en France depuis le 24 février. Dès le premier jour de la guerre, la CGT participait d’ailleurs à une manifestation à Bruxelles, avec le mouvement syndical européen et international réunissant les mots d’ordre de paix en Ukraine et d’augmentation des salaires en Europe. La CGT appelle ses adhérents à participer partout en France aux très nombreuses manifestations pour la paix en Ukraine et contre l’inacceptable agression dont Vladimir Poutine s’est rendu coupable. La CGT travaille actuellement avec d’autres organisations syndicales sur l’idée d’un convoi syndical (sur le modèle du convoi syndical pour la Tchétchénie que nous avions soutenu dans les années 90) pour l’Ukraine afin de témoigner la solidarité des travailleuses et travailleurs de France à la population Ukrainienne en envoyant sur place produits de première nécessité et matériel de soin aux blessés ».

En réalité il ne se passe rien en France que la collecte de colis et des drapeaux ukrainiens affichés aux balcons des mairies. Tout le reste est dominé par l’indignation face aux violences des « ultra-gauches » cagoulés (drivés d’ailleurs par des poulagas infiltrés) et les humeurs du roi des bobos Mélenchon, parfait challenger irresponsable face au revival du Macron. La CGT ne fait qu’afficher elle ce pacifisme éculé comme presque révolutionnaire, ce pieux mensonge qui accompagne toutes les guerres et ne les a jamais fait cesser, qui sert de nos jours d’abord à se ranger derrière les « aides humanitaires » des bourgeoises occidentales, tout en priant pour le peuple russe, atomisé. En outre les quelques maigres manifestations des clans syndicaux n’ont mobilisé que des poignées de bureaucrates. Et ce la n’exonère pas l’atonie révoltante de la classe ouvrière en France an particulier, quoique atomisée elle aussi par la mystification électorale frauduleuse.

Il faut trouver des raisons ailleurs à titre de comparaison, indépendamment des cycles de montée ou descente du prolétariat, ou même des périodes de similitudes qui confirment que la lutte contre la guerre reste une question complexe. Posons par exemple l’indifférence relative de la population française au moment de la décolonisation, celle qui concernait l’Algérie. Entre 1954 et 1952, les activistes nationalistes et syndicalistes algériens portent de vives critiques contre l’apathie de la classe ouvrière française, tout au long de la guerre, et au sein des instances syndicales. Ce n’est pas que la classe ouvrière française se réjouisse du colonialisme et de ses horreurs mais d’une part elle est tétanisée, comme le prolétariat russe en ce moment, par des organismes staliniens qui l’encadrent et la paralysent, et de l’autre peu admirative du jeune nationalisme algérien.

Deux tendances se dégagent parmi les ouvriers de Renault : d’une part une majorité de partisans de la paix, mobilisés par et « très encadrés » par les organismes syndicaux de la reconstruction disciplinée, et d’autre part une minorité, en faveur de la « libération nationale », de partisans de l’indépendance algérienne surtout composée de travailleurs algériens. L’unité ouvriers français et immigrés n’est pas encore en vois de réussir. Cette situation bizarre où le musellement syndical au service de l’Etat bourgeois est à son zénith et où l’idée révolutionnaire est galvaudée au profit des « jeunes nationalismes », simples girouettes d’une réorganisation impérialiste du monde, donne bien une image de ce que peut être une période de contre-révolution, la vraie, celle qui met en scène un prolétariat international et universel, non pas des cliques mao-trotsko-nationalistes.

Heureusement d’une certaine façon qu’on n’en est pas là avec le drame en Ukraine, que ni Poutine ni Zelensky ne peuvent se faire passer pour révolutionnaires du prolétariat. Dans les fifties, Renault-Billancourt est l’usine qui, en France métropolitaine, emploie le plus grand nombre d’algériens entre 1954 et 1962 (3 000 en moyenne sur la période, soit entre 8 et 12 % des ouvriers de l’usine et près d’un dixième de la main-d’œuvre « nord-africaine » recensée dans le département de la Seine. Billancourt est une école de formation de la bureaucratie syndicale. Les ouvriers algériens sont d’ailleurs pour la plupart syndiqués à la CGT, dans une proportion plus forte que les ouvriers français ; certains, membres du bureau du syndicat – tel Laïfa Lattad, l’un des artisans de l’implantation du FLN à Renault à compter de 1956, ou Slimane Ben Rahou, souvent orateur dans des meetings à l’usine  y font l’école des cadres. Comme quoi la militance syndicale mène aussi à soutenir le nationalisme « décolonisé », même si on peut comprendre, pour l’époque, cet encartage des ouvriers algériens comme une « garantie de séjour » face aux menaces quotidiennes des ultra-colonialistes.

Les mobilisations relatives à la guerre d’Algérie ont été nombreuses à Renault. On en compte 96 entre mars 1955 et février 1962, date où elles cessent. Lors de la journée nationale de lutte contre la guerre en Algérie ; le 17 octobre 1957 à l’appel du PCF, des meetings ont lieu à Renault, qui se soldent par la signature de pétitions, tandis que dans d’autres usines de la région parisienne, on note des grèves de 24 heures. En avril 1961 où, face au putsch des généraux, Renault renoue avec sa réputation de forteresse ouvrière : des ouvriers se mettent en grève « sur le tas » et 25 000 personnes assistent au meeting place Nationale, devant la principale entrée de l’usine, répondant au mot d’ordre des syndicats CGT et CFTC de Renault : « Contre le fascisme, tous dans l’action» si on leur fournit des armes. La sauvegarde de la République, déclinée en lutte « contre le terrorisme de l’OAS et le fascisme » à compter de décembre 1961 ouvre alors de nouveau à Renault des mobilisations syndicalement encadrées.

De façon moins rance que chez Poutine, on ne peut oublier que le fascisme n’est pas très ancien, bien que la chanson soit fictive – il a été écrasé – quoiqu’il existe encore une extrême droite qui pue encore l’idéologie fasciste raciste.

Dans les quatre premières années de la guerre d’Algérie en revanche, jusqu’en mai 1958 précisément, nul front syndical ni a fortiori politique ne se trouve donc à l’origine de mobilisations ouvrières aux mots d’ordre variés : « pour faire échec aux visées colonialistes du gouvernement », « contre les lois de fascisation » et « contre la répression colonialiste en Algérie » en 1955 ; « pour le cessez-le-feu en Algérie », « pour la paix en Algérie », « contre les pouvoirs spéciaux », « contre la guerre d’extermination », « contre le rappel des jeunes », « pour l’indépendance de l’Algérie » en 1956 ; « contre la torture », « pour la paix, contre la misère », « pour l’indépendance de l’Algérie » en 1957 ; « pour arrêter la guerre », contre « les flics dans l’usine » dans les premiers mois de 1958. Ces mobilisations sont, en majorité, l’œuvre du PCF, de la CGT et du Mouvement de la Paix. Tous ces slogans de la part des principaux collabos des gouvernements bourgeois depuis la Libération n’ont pas grande chance de mobiliser une classe ouvrière encore atomisée par le poids de la guerre mondiale et à qui personne ne demande son avis sur décolonisation ou pas.

Dans un tract daté du 12 novembre, intitulé Halte à la répression colonialiste, la CGT locale appelle ainsi les « travailleurs de chez Renault » à se « dresser avec force contre la répression qui frappe le peuple algérien et pour l’aboutissement de ses légitimes aspirations nationales et de ses revendications – là où la section Renault du PCF reproduit et diffuse le communiqué du bureau politique du parti caractérisant l’insurrection du 1er novembre comme « des actes individuels susceptibles de faire le jeu des pires colonialistes, si même ils n’étaient fomentés par eux », appelant à « une solution démocratique des problèmes qui se posent en Algérie ; […] une solution assurant la défense des intérêts de la France » et assurant « le peuple algérien de la solidarité de la classe ouvrière française dans sa lutte de masse contre la répression et pour la défense de ses droits ».

Le bloc stalinien joue en fait un double jeu, à la CGT d’être la plus radicale en soutien aux ouvriers algériens tout en les situant sur le terrain de « leur future nation » quand les français s’en fichent. L’appareil politique PCF reste sur le terrain nationaliste français, malgré quelques slogans pro-indépendance nationale car il se doit de rester un parti « national » au service de l’Etat français comme le confirmera son vote en faveur des pouvoirs spéciaux (sic ! comme l’opération spéciale de Poutine en Ukraine!). On trouve ici déployées, dès novembre 1954, deux catégories aspects de la position du PCF sur la guerre d’Algérie : l’intérêt national (français) et l’impératif de la lutte de masse, opposée aux « actes individuels » ; cet anti-terrorisme est la manière pour démontrer sa fidélité nationaliste à l’Etat français et ne pas trop s’engager en faveur d’une décolonisation honnie encore assez largement chez une partie des électeurs pieds noirs et pas seulement…

La nuance « Intérêt national français » pour le PCF, « aspirations nationales du peuple algérien » pour la CGT, n’est pas un désaccord entre le PCF et SON syndicat, mais sert à la CGT à encadrer le prolétariat immigré séduit par l’idéologie fumeuse de libération nationale. La référence à l’internationalisme prolétarien est ainsi découpée diffère : le PCF se dit en effet « l’interprète de l’internationalisme des travailleurs, inséparable de l’intérêt national » là où la CGT se charge de placer ledit internationalisme sous le signe de l’anti-impérialisme, dont les ouvriers français n’ont rien à foutre, encore épuisés par la guerre, et de la lutte contre l’oppression coloniale et donc la revendication d’indépendance nationale algérienne, quand le PCF fait passer au premier plan «l’intérêt national français ».

Cette tactique perverse se déchire avec le vote des pouvoirs spéciaux. Rendant possible, par l’envoi de troupes, l’accentuation de la guerre au nom de la paix, la loi sur les pouvoirs spéciaux, en ce qu’elle est votée par les députés communistes et justifiée, à Renault, par la CGT, va dégoûter la classe ouvrière même dans son atonie, et produire une génération d’antibiotiques gauchistes. A la suite de quoi, l’union sacrée PCF et CGT, qui n’avait pas besoin de se confirmer, implique que, à partir de mars 1956, la CGT n’apporte plus aucun soutien à la fable de la libération nationale algérienne. La guerre n’est plus dénoncée que pour ce qu’elle coûte.

Par ailleurs l’atonie du point de vue de classe des ouvriers algériens est confirmée à Renault par la forte implantation du FLN, qui se sert en même temps des grèves de revendications salariales pour suivre et encadrer à son tour. La proportion d’ouvriers algériens en grève, unanimement soulignée comme écrasante (de 90 à 95 % de grévistes à chaque fois attestée également par le nombre important de sanctions, contraste avec le degré moyen des mobilisations ouvrières contre la guerre d’Algérie, faible jusqu’en 1961. Daniel Mothé en témoigne à propos de la grève dite des 8 jours, en janvier-février 1957, rapportant des propos d’ouvriers français, glanés aux portes de l’usine (« Quand ils font grève, eux, ça marche »), tout en relatant l’indifférence, voire l’hostilité de ces derniers à la grève : « Ça ne rentre pas dans leurs préoccupations » ; et si, « dans un atelier d’outillage, il y a beaucoup de discussions, une proposition de faire une collecte pour soutenir les Nord-Africains de l’atelier en grève a été accueillie par un tollé d’indignation. Outre l’instrumentation des structures organisationnelles de la CGT, le choix de constituer une Amicale générale des travailleurs algériens en février 1957, plutôt qu’un syndicat, montre que les militants nationalistes algériens n’optent pas pour une rupture radicale avec l’appareil syndical stalinien.

« L’absence de mobilisations massives lors de la majeure partie de la guerre est à mettre en relation. Cette absence de mobilisations massives trouve ses origines, d’autre part, dans l’enracinement de l’idéologie coloniale en terrain ouvrier, dont témoigne la formation d’un comité de salut public à Renault en mai 1958. Cette idéologie coloniale fut de facto alimentée par la position des autorités du PCF et de la CGT, puis de la CFTC et de FO qui, outre la défense de « l’intérêt national » pour le premier, jugeaient d’une plus grande efficacité politique le mot d’ordre « paix en Algérie », moins extrême et plus majoritaire que celui d’indépendance. La grande majorité, y compris de la classe ouvrière, était pour la paix. La classe ouvrière, pendant la guerre d’Algérie, a joué un rôle plus par sa passivité face à la politique du gouvernement que par son engagement pour l’indépendance ».

Aujourd’hui l’islam, avec salles de prière dans les usines (soutenues par la CGT et la mélanchobobocratie), a remplacé la division syndicale. On peut dire par déduction que la classe ouvrière en Russie actuellement n’est ni pour partir à la guerre généralisée la fleur au fusil (invention de la propagande en 1914, mais gros mensonge), ni qu’elle se trouve dans une période de « contre-révolution » ou de révolution inenvisageable comme dans la période de reconstruction de l’après 1945. Dans une période pire ? Oui par l’état de désagrégation du monde capitaliste et l’ampleur des destructions massives de la vie civile et l’arrogance de ses dictateurs. Non parce qu’il y a un aspect fuite en avant qui n’augure ni stabilité militaire ni sociale, ni victoire des deux côtés.

Mai 68 réaction tardive à la guerre d’Algérie ? On ne peut pas dire que la conclusion de la guerre d’Algérie aurait été étrangère à l’explosion de mai 68, six ans plus tard, non pas comme influence des soi-disant libérations nationales ni de la paix finale, mais parce que les appareils staliniens, PCF et CGT avaient révélé une nouvelle fois leur collusion avec l’ordre bourgeois, et c’est d’ailleurs pourquoi avaient surgi, quoique encore ultra-minoritaires les antibiotiques gauchistes. Mai 68 allait surgir à cause de l’affaiblissement de l’encadrement bourgeois.

UNE PRIVATISATION DE LA POLITIQUE EN RUSSIE ?

Cette notion de Castoriadis signifiant un repli général (inaugurée par la société de consommation et l’abondance dans les supermarchés), la tête enfouie dans le sable avec pour credo « mourir oui, mais de mort lente », semble bien être la meilleure approximation actuelle de l’absence de lutte contre cette guerre ignoble d’invasion et de déportation massive de populations comme au temps du stalinisme triomphant et des guerres traditionnelles . On pouvait comprendre l’absence de réactions massives en France pendant la guerre d’Algérie, du fait de l’antinomie de la lutte salariale avec le nationalisme algérien, et parce qu’on était encore, comme nous les maximalistes le radotons, en « période de contre-révolution », mais de nos jours on est en période de quoi ? De longue sieste d’un prolétariat inconscient et paralysé?

Comment expliquer la faible mobilisation de l’opinion publique russe et surtout de la classe ouvrière contre le conflit en Ukraine ? Une interview dans l’OBS y répond :

« … En réaction à ces événements, les Russes ont développé une stratégie de résistance individuelle plutôt que collective. C’est-à-dire qu’ils ont tendance à se replier, avec l’idée que l’Etat peut être criminel et meurtrier – ce que beaucoup de Russes pensent probablement de leur gouvernement aujourd’hui – mais que l’essentiel est de préserver ce qui peut l’être : leurs proches, une vie à peu près décente. Ils savent qu’ils ne sont pas face à un pouvoir qui écoute son peuple et que, même si 10 millions de Russes étaient dans la rue pour protester, cela ne compterait pas pour le Kremlin. Ils sont rationnels et savent que mourir pour des idées est envisageable seulement si c’est susceptible de porter ses fruits. Eux ont appris de génération en génération qu’il valait mieux se protéger. Certains feront le dos rond en attendant que ça passe, d’autres mettront en place des stratégies d’évitement – éviter la guerre à leurs enfants –, certains protesteront par le silence. Et peut-être que d’autres – les classes moyennes notamment – quitteront massivement le pays, c’est en tout cas ce qu’on peut anticiper tant que l’on n’a pas une masse de cadavres qui reviennent de cette guerre ».

(…) Les Russes ont hélas pratiquement toujours vécu sous une dictature! Ils ont été asservis et massacrés par les Mongols durant trois siècles, puis par les tsars, ensuite par Staline et ses “héritiers”, et maintenant par un ambitieux qui veut tout simplement récréer l’empire des Romanov! Aussi on peut comprendre leur attitude actuelle! ».

Un commentaire anonyme ajouté à cette interview m’est apparu très juste : « Y a une explication très simple et vérifiée à travers l’histoire : tant que l’armée russe sera victorieuse, la majorité des Russes soutiendra Poutine et le nationalisme s’en trouvera exacerbé. Quelques exemples : les Grecs ont soutenu l’attaque de la partie turque de Chypre par la dictature des colonels et n’ont viré de bord qu’après l’échec des colonels, les Argentins ont soutenu la dictature du général Videla lorsqu’il a décidé de récupérer les Malouines et n’ont lâché ce tortionnaire que quand les Anglais ont récupéré leurs îles…. Je ne veux pas remonter jusqu’au nazisme mais le mécanisme et les réflexes des peuples sont les mêmes. Il faut se méfier du nationalisme, des drapeaux et des hommes providentiels, mais la réaction de classe ne se manifeste pas immédiatement ! ».

Historiquement, de façon répétée, une malédiction a poursuivi les différents tsars russes, ils ont été tenus en échec finalement dans la plupart de leurs guerres, et c’est cette accumulation d’échecs qui a aussi contribué à l’éclatement d’octobre 1917 ; le tsar Poutine n’en réchappera pas non plus. Il y a des répétitions confondantes dans l’Histoire dont on ne peut ni rire ni pleurer :

« Au printemps de 1877, Alexandre II avait été débordé. La campagne avait mal commencé pour les Russes. En Bulgarie comme en Arménie, les échecs succédaient aux échecs. Dans les Balkans, la résistance héroïque de Plewna avait arrêté pendant huit mois la marche de l’ennemi.

Enfin, lorsqu’au mois de février 1878, les armées du tsar, épuisées par les fatigues, les privations et le choléra, étaient arrivées aux portes de Constantinople, voici qu’une sommation injurieuse de l’Angleterre, secondée par l’Allemagne et l’Autriche, avait enlevé au vainqueur les plus beaux profits de leur victoire déjà si coûteuse. Pour le prestige du tsarisme, les résultats de cette guerre étaient lamentables. Après les enthousiasmes et les folles espérances du début, ce qui dominait maintenant, dans toutes les classes du peuple russe, c’était la colère et l’humiliation (…) On dénonçait de toute part la faiblesse et la sottise du gouvernement, l’incurie et la vénalité de l’administration, l’ignorance et l’ineptie des grands ducs et des généraux. On osait même incriminer l’empereur, sans vouloir se rappeler qu’il avait tant résisté aux ivresses belliqueuses de son peuple. On en arrivait de la sorte non plus seulement à rechercher les responsabilités personnelles mais à critiquer, à condamner les institutions mêmes et jusqu’au principe de l’autocratisme ».

Alexandre II est assassiné quatre ans plus tard le 13 mars 1881 au Palais d’Hiver… Faudra-t-il attendre aussi quatre années pour que Poutine soit zigouillé ou viré de son trône ?

Et tant d’autres similitudes avec le successeur, le tsarisme stalinien… Lequel lors de l’insurrection hongroise de 1956 envoie des troupes orientales ne parlant pas russe et ne pouvant communiquer avec les insurgés hongrois, comme aujourd’hui quand le tsar Poutine envoie des tueurs tchétchènes… Autre constat qu’on peut établir de la guerre moderne atypique : les bourgeoisies gardent en mémoire la menace historique prouvée des risques de fraternisation et agissent préventivement désormais contrairement à l’époque des guerres traditionnelles.

Il faut noter que le soutien de “l’opinion” russe à une guerre de plus grande ampleur en Ukraine est loin d’être acquis, surtout si le conflit s’inscrit dans la durée. Les milieux économiques ont été surpris par l’objectif de l’intervention russe (contrôle de l’Ukraine) et par la réaction occidentale, certains oligarques ont appelé à un cessez-le-feu… mais ont été zigouillé.

Le peuple russe et son prolétariat étaient certes partiellement conscients de l’exagération et des


mensonges sur l’Occident diffusés par les médias contrôlés par l’État. Il voyait bien que les élites russes politiques, culturelles et des affaires étaient souvent – en dépit des déclarations officielles – très liées avec l’Occident : ils achetaient leurs datchas sur le lac de Côme et pas à Sotchi, ils déposaient leur argent dans les banques suisses et pas chez Sberbank, ils envoyaient leurs enfants faire leurs études à Londres, Paris et New York. Néanmoins la propagande fit son œuvre : les citoyens russes qui pour la plupart n’avaient pas les moyens de se rendre à l’étranger constater les faits par eux-mêmes sont devenus méfiants et imprégnés par la haine de l’Occident. Et surtout quelle alternative ? Le capitalisme occidental aussi criminel et totalitaire ou recommencer une révolution stalinienne ?

Tout de même ça a bougé. Plus de 8.000 interpellations auraient été opérées lors des manifestations organisées dans plusieurs dizaines de villes russes depuis le 24 février. Au vu de l’intensification des bombardements russes sur les grandes villes ukrainiennes, et compte tenu des liens multiples entre Russes et Ukrainiens (15 % des habitants de Kiev et de sa région communiquent régulièrement avec de la famille et des amis en Russie), le discours sur la “dénazification” a peu de chance sde rester crédible. On se demande quel est l’antifascisme le plus ridicule, celui de Poutine ou celui de nos gauchistes européens ?

Dès le début de l’invasion russe en Ukraine, ce sont certes les milieux urbains et intellectuels qui ont protesté. Une pétition sur internet a réuni un million de signatures des couches moyennes ont publié des déclarations condamnant le recours à la force. L’organisation du mouvement de protestation est rendue difficile par la criminalisation de l’opposition libérale, notamment l’interdiction des réseaux du bobo religieux Alexeï Navalny, qui étaient implantés dans de nombreuses régions de Russie. Au lendemain du déclenchement de l’offensive russe, selon les sondages réalisées par des instituts proches du pouvoir, près de 70 % des personnes interrogées lui apportaient leur soutien, un quart environ y étant opposés. L’évolution de l’opinion, surprise par l’intensité et la violence de ce conflit, dépendra toutefois de la durée de l’intervention (brève en Géorgie, elle avait été acceptée), de son bilan humain (“pas un coup de feu” tiré en Crimée), du niveau des pertes russes et de l’impact sur la situation économique et financière, qui s’est brutalement dégradée depuis le 24 février. L’absence de perspectives pourrait accentuer la tendance, observée ces dernières années, au départ de Russie des jeunes générations qualifiées, phénomène exagérés par les sociologues occidentaux, ce n’est pas comparable avec l’immigration de masse et le volume des populations déplacées.

Nos médias occidentaux n’en parlent jamais au quotidien, fixant leurs caméras sur le seul monceau de ruines de l’Ukraine, avec les mêmes images en boucle, mais la multiplication des victimes et des destructions en Ukraine est de nature à susciter une indignation croissante dans la population russe que la propagande aura du mal à endiguer. Sans oublier que, contre-indication, dans quelques temps la révélation du véritable nombre de cadavres de soldats russes puisse renforcer (ou pas) une indignation et une haine nationaliste, et permettre encore à Poutine de régner avec son mensonge déconcertant.

Pour autant, quand on se demande qui peut arrêter Poutine dans cette guerre (ou dans ses futures guerres), la réponse est unique : le prolétariat russe. Il est évident pour tout le monde que le prolétariat russe ne pourra pas le faire demain matin. Et aucune force extérieure ne pourra le pousser à s’opposer au régime totalitaire dans un futur immédiat. Ce que nous pouvons conclure ce jour c’est que la déstalinisation n’était pas totale ! Je vous joins en PS le rappel de son déroulement, dont pourra s’inspirer en partie encore le régime post-Poutine…

 

NOTES

POSTCRIPTUM ADDENDUM

La déstalinisation en Union soviétique commence aussitôt après la mort de Joseph Staline en mars 1953. Elle prend cependant un ton officiel le 24 février 1956, lorsque Nikita Khrouchtchev, alors Secrétaire général du Comité central du Parti communiste d’Union soviétique divulgue son « Rapport secret » à la fin du XXe congrès du Parti. Pour les dirigeants soviétiques, elle consiste à abandonner le culte de la personnalité et à dénoncer les « excès » de la période du stalinisme.

La critique de Staline commença de façon silencieuse et insidieuse dès la mort du dictateur. Lavrenti Beria en fut le principal réformateur et libéralisa le régime en annulant des décisions staliniennes : réhabilitations et amnisties (le goulag devenait trop chargé pour être rentable), abandon des projets coûteux, critique de la gestion des pays satellites et des républiques soviétiques, en demandant le remplacement des dirigeants de ces pays (il préfère des personnalités locales compétentes quand Staline imposait des Russes et apparatchiks fidèles qui n’étaient pas les plus qualifiés), rétablissement des liens avec la Yougoslavie socialiste, etc. Le symbole vient aussi de la Pravda, que Beria contrôle, où en mai-juin 1953, le nom de Staline n’est cité qu’une fois. Les révoltes au Goulag, en RDA et en Roumanie en mai-juin 1953 résultent de cette libéralisation, ce qui contribue à la chute de Beria. La déstalinisation est stoppée. Pourtant, le 27 juin 1953, le lendemain de l’arrestation secrète de Beria, Imre Nagy reçoit un document qui ressemble beaucoup au futur rapport Khrouchtchev. Mais il reste en retrait lors de la communication du rapport au comité central du Parti des travailleurs hongrois. Jusqu’en 1956, Staline est célébré avec un ton modeste, mais les critiques restent en sourdine1,2.

Le Rapport sur le culte de la personnalité, dit « rapport Khrouchtchev » ou « rapport secret » a été communiqué dans la nuit du 24 au 25 février aux seuls 1 436 délégués du XXe congrès du Parti communiste d’Union soviétique réunis à huis clos4,5. Pour la circonstance, les membres des « Partis-frères » ont été exclus de l’assemblée. N’ayant eu aucun compte-rendu de la lecture, il est possible que Khrouchtchev ait improvisé une partie5. Selon l’historienne Hélène Carrère d’Encausse, il s’agit plutôt d’une réunion programmée de manière impromptue où seuls les Soviétiques furent conviés. Toujours selon l’historienne (La Deuxième mort de Staline), les délégations étrangères à leurs chambre d’hôtel ont pu connaître le discours, à la condition que le texte soit rendu après lecture, sans copie, sous surveillance6. Le rapport n’était pas traduit mais plusieurs dirigeants étrangers maîtrisaient le russe du fait de leurs participation au Komintern. À la fin de son réquisitoire, Khrouchtchev lance d’ailleurs à l’auditoire :

Initialement secret, le rapport n’a été publié en Russie qu’à la fin des années 1980 dans le cadre de la Glasnost. Mais deux personnalités hors du sérail en ont eu discrètement connaissance avec la fin février 1956 : l’ennemi no 1 de Staline, le Yougoslave Tito, et la fille de Staline, Svetlana Allilouïeva9. Le document fut cependant très vite connu dans le monde entier. La première information à son sujet en Occident remonte au 10 mars 195610, car il aurait été revendu aux services secrets étrangers par des communistes polonais hostiles à l’Union soviétique. Selon Khrouchtchev, à vil prix.

Sont dénoncés les déportations massives, les arrestations arbitraires « d’honnêtes communistes et de chefs militaires traités en ennemis du peuple », l’incapacité du dictateur dans les préparatifs de guerre, son caractère irascible, y compris dans ses rapports avec les partis communistes frères. La biographie officielle qui présente Joseph Staline comme « le plus grand stratège de tous les temps », comme un véritable sage infaillible est sévèrement critiquée.

Le rapport ouvre le procès de l’ancien dictateur mais pas celui du système qu’il a mis en place, ce qui dérive dans une réécriture historique. Stéphane Courtois parle de « blanchiment » et d’« auto-amnistie ». Courtois et les autres détracteurs du communisme expliquèrent que cette charge contre Staline permet de sauver le système, étant une manœuvre politique : selon eux, il n’y a aucune volonté de repentance ou de dilemme moral mais un cynisme politique. Depuis l’ouverture des archives soviétiques, on sait que ce n’est pas une opération à l’initiative seule de Khrouchtchev. Le but aussi pour Khrouchtchev était de se débarrasser des cadres staliniens, particulièrement Malenkov et Molotov. Ainsi, le choix de l’année 1934 comme début de la « dégradation du caractère de Staline » est significatif : il ne remet en cause ni l’essentiel de la politique économique (planification et collectivisation) ni la répression

Les intellectuels qui espéraient dépasser le strict contenu du rapport pour dénoncer globalement le système stalinien voient très vite leurs espoirs déçus. Fondamentalement, malgré la dénonciation publique des crimes de l’ancien dirigeant en 1961, le Parti continue d’accaparer le pouvoir sans modifier son idéologie.

En effet, au-delà du fond du rapport qui omet plusieurs décennies et personnalités, le 30 juin 1956, deux jours après le soulèvement de Poznań en Pologne communiste, le rapport rectificatif Sur le dépassement du culte de la personnalité de Staline et ses conséquences est émis : les critiques sont considérablement édulcorées, présente une réhabilitation de Staline « grand théoricien et organisateur » et adoube le parti communiste, n’ayant jamais dévié de sa mission.

Après le limogeage de Khrouchtchev, Léonid Brejnev, plus conservateur, voulant éviter un relâchement des mœurs et souhaitant promouvoir la grande guerre patriotique, interrompt la déstalinisation et fit une réhabilitation progressive de Staline. Il faut attendre la glasnost et l’ouverture des archives pour avoir une vision négative. Puis Poutine pour une vision positive.

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